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4 septembre 2026

Ce qui se cache derrière les chiffres #10 - La vague est retombée

La vague est retombée

Observatoire du raccordement à la facturation électronique · 4 septembre 2026

Trois jours ont passé depuis l'entrée en vigueur de l'obligation de réception.
C'est court, mais assez pour répondre à la question que tout le monde se posait mardi soir : est-ce que les retardataires allaient continuer d'arriver, ou est-ce que tout s'était joué avant l'échéance ?

Tout s'était joué avant.

Deux mesures à ne pas confondre

Avant les chiffres, une précision qui évitera un malentendu.

Notre baromètre hebdomadaire mesure un niveau : combien d'entreprises françaises peuvent effectivement recevoir une facture, établi en interrogeant une par une les 17 millions d'unités légales actives et en lisant le certificat de chaque plateforme. Ce niveau est arrêté au 1ᵉʳ septembre et le reste jusqu'au prochain relevé complet.

Cette publication-ci mesure un mouvement : combien d'adresses se sont inscrites chaque jour, et combien ont disparu, d'après le registre public du réseau.
C'est une source différente, plus fraîche mais moins complète, qui ignore les plateformes n'y publiant pas.

Les deux ne se comparent pas et ne se contredisent pas, parce qu'elles ne répondent pas à la même question. Tous les chiffres qui suivent viennent du registre, et aucun ne remplace ceux du baromètre.

Le chiffre

Le vendredi 28 août, 153 771 adresses ont été inscrites au registre. Le mercredi 2 septembre, 8 746.

Un rapport de 17,6 entre le sommet de la vague et le premier jour ouvré après l'échéance. Entre les deux, la courbe raconte une histoire en trois temps.

La montée. Le lundi 24 août ouvre à 20 504 inscriptions. Suivent 36 718 le mardi, 60 152 le mercredi, 112 088 le jeudi, et 153 771 le vendredi 28. Le volume double presque chaque jour pendant une semaine.

Le week-end. Samedi 29 et dimanche 30, tout retombe à 23 082 puis 27 834, un sixième du vendredi.

L'échéance et l'après. Le lundi 31 remonte à 84 760, le mardi 1ᵉʳ septembre en fait 60 486, et c'est terminé. Le mercredi 2 ramène 8 746 inscriptions et le jeudi 3 en ramène 12 436.

Pour situer ces deux derniers chiffres, la semaine précédant la vague tournait à 18 897 le vendredi 21 août, 8 405 le samedi et 7 193 le dimanche.

Ce que la courbe dit du travail réel

Deux lectures, et elles ne demandent aucune extrapolation.

La montée est régulière et professionnelle. Un doublement quotidien pendant une semaine n'est pas un mouvement de panique individuelle, c'est une charge de travail planifiée qui s'exécute, portefeuille après portefeuille.

Le creux du week-end le confirme. Il ne tombe pas à zéro, parce qu'une partie des raccordements sont des traitements par lots qui tournent sans personne devant l'écran, mais la chute d'un facteur six est nette. Ce raccordement a été fait par des cabinets et des éditeurs, aux heures de bureau.

Le mouvement en trois jours

Entre le relevé du registre du 1ᵉʳ septembre et celui du 3, 420 764 adresses y sont entrées et 40 992 en sont sorties. Rapportées aux entreprises, ces entrées correspondent à 373 654 entreprises qui n'y figuraient pas trois jours plus tôt, contre 38 006 qui n'y figurent plus.

Ces 373 654 sont des inscriptions au registre, pas une variation du nombre d'entreprises joignables : une partie d'entre elles étaient déjà comptées par notre balayage du 1ᵉʳ septembre, qui voyait des adresses que le registre ne publiait pas encore.

Une caractéristique de ces nouvelles venues mérite l'attention des émetteurs. 41 473 d'entre elles, soit 11,1 %, ne sont joignables que sous une adresse nommée plutôt que sous leur SIREN seul. Le suffixe étant libre, il ne se devine pas : une recherche portant uniquement sur le SIREN ne les trouve pas, alors qu'elles sont bien raccordées.

Les corrections d'après-vague

Le fait le plus intéressant de la semaine est ailleurs, et il n'était pas prévisible.

40 992 adresses ont disparu du registre en trois jours. 21 458 d'entre elles avaient été enregistrées le 28 août, et 12 448 le 27. Autrement dit, 83 % des adresses retirées sont exactement celles créées au sommet de la vague.

Il ne faut pas y lire un renoncement. La lecture la plus simple est aussi la plus probable : quand on enregistre cent cinquante mille adresses en une journée, une partie part en double, sous un format d'identifiant inadapté, ou pour une entité qui n'aurait pas dû être inscrite. Les jours suivants servent à nettoyer. C'est le prix ordinaire d'un traitement de masse fait dans l'urgence, et le fait que ce nettoyage ait lieu est plutôt bon signe.

Ce que ces chiffres ne disent pas

Deux limites, en plus de la distinction posée plus haut.

36 % des participants au registre ne déclarent aucune date d'inscription. La courbe ci-dessus porte donc sur les 2 535 395 adresses datées, pas sur la totalité. Rien n'indique que les non datées se répartiraient autrement, mais nous ne le savons pas, et une courbe tracée sur les deux tiers d'une population reste une courbe tracée sur les deux tiers.

Une adresse inscrite n'est par ailleurs pas nécessairement une adresse qui reçoit des factures. Certaines ne déclarent que des messages techniques, comme les accusés de réception. Notre baromètre fait cette distinction en lisant ce que chaque adresse accepte réellement ; la mesure de cette semaine, non.

Ce qu'il faut en retenir

Pour un cabinet, la conclusion pratique est que la file d'attente est vide. Si des clients restent à raccorder, c'est maintenant que ça se fait, sans la congestion de la semaine dernière et sans le risque d'être noyé dans un traitement de masse.

Pour tout le monde, la leçon est celle des échéances. Une obligation annoncée depuis des années, décalée deux fois, s'est traitée sur cinq jours ouvrés. Le 1ᵉʳ septembre 2027, l'obligation d'émettre s'étendra aux PME, aux TPE et aux micro-entreprises, et elle concernera beaucoup plus de monde que celle-ci. Si elle se traite pareil, le pic tombera le vendredi 27 août 2027.

Il reste douze mois pour décider si l'on préfère le préparer au printemps.


Vérifier une entreprise : connect-compta.fr/peppol
Le baromètre complet : connect-compta.fr/carte
L'état du réseau au 1ᵉʳ septembre : connect-compta.fr/peppol · niveau mesuré par balayage complet, non comparable aux mouvements ci-dessus


Source : export public du Peppol Directory du 3 septembre 2026, comparé à celui du 1ᵉʳ septembre. Les dates d'inscription sont celles déclarées au registre par les plateformes. Cette publication mesure des mouvements d'inscription ; le niveau de raccordement du tissu économique français est établi séparément par notre baromètre, dont le dernier relevé complet date du 1ᵉʳ septembre 2026.