Ce qui ne se cache PAS derrière les chiffres #0 - Édition spéciale anniversaire
Treize semaines de baromètre, et ce n'est que le début
Observatoire du raccordement à la facturation électronique · 22 septembre 2026
Avant les chiffres, un GRAND merci
Il y a treize semaines, nous lancions ce baromètre avec une question simple : combien d'entreprises françaises sont vraiment prêtes à recevoir une facture électronique ?
Nous n'imaginions pas que vous seriez si nombreux à la partager avec nous.
Semaine après semaine, vous êtes au rendez-vous. Vous vérifiez vos clients et vos fournisseurs, vous partagez nos chiffres autour de vous, vous nous écrivez quand une donnée vous surprend.
Certaines de nos plus belles découvertes sont nées d'un de vos messages, et plus d'une correction aussi. Ce baromètre est devenu un travail collectif, et c'est vous qui l'avez rendu utile.
Alors merci. Sincèrement.
Cette semaine, exceptionnellement, pas de classement.
Le réseau Peppol vient de changer d'infrastructure, un chantier structurel mené par ses instances de gouvernance, et nous prenons le temps d'adapter notre mesure pour continuer à vous livrer des chiffres dont vous pouvez être sûrs. Le baromètre complet revient dès le prochain relevé.
En attendant, voici treize semaines racontées en chiffres. Et des conseils d'ami ;)
Ce que nous pouvons déjà dire
Au moins 4,5 millions d'entreprises françaises peuvent désormais recevoir une facture électronique, soit plus d'une sur quatre. Treize semaines après notre premier relevé, le réseau a plus que quadruplé.
Cette semaine, le registre passe les 4 millions d'entreprises
Entre le 15 et le 22 septembre, le registre public du réseau est passé de 3 861 976 à 4 006 042 entreprises françaises distinctes. En sept jours, plus de 150 000 entreprises y sont apparues. Voici qui sont ces nouvelles venues de la semaine :
747 sont nées raccordées. Créées depuis le 1er septembre, elles ont rejoint le réseau dans leurs premiers jours d'existence.
Près de 5 000 sont des grandes entreprises ou des ETI.
Une sur quatre relève de l'immobilier, dont près de 15 000 SCI.
La Martinique arrive deuxième, avec près de 9 800 nouvelles venues cette semaine, juste derrière Paris. En sept jours, le nombre d'entreprises martiniquaises dans le registre a augmenté de moitié.
Elles se sont inscrites en semaine : plus de 38 000 inscriptions le seul mardi 16 septembre, contre moins de 6 000 par jour le week-end.
Treize semaines en cinq dates
Le 17 juin, 1 027 836 entreprises étaient joignables, une sur seize. Le 14 septembre, 4 322 230, une sur quatre.
27 juillet : le cap des 10 %. Une entreprise sur dix, et plus de cent plateformes actives.
11 août : 2 millions. Un seuil attendu pour la rentrée, franchi en plein été.
28 août : le record. 175 077 inscriptions en une journée, après 124 395 la veille. Ces deux jours pèsent plus que les mois de février à mai réunis.
1er septembre : l'obligation de réception. Le réseau l'aborde avec 3,8 millions d'entreprises joignables.
14 septembre : le quart du pays. 25,3 % des entreprises actives sont raccordées. La Vendée mène, devant l'Aveyron et l'Ille-et-Vilaine.
Ce que ces treize semaines nous ont appris
La réforme passe par les cabinets. Un réseau d'expertise comptable peut raccorder des dizaines de milliers d'entreprises en une semaine. Le plus souvent, l'entreprise n'a rien décidé : son cabinet l'a fait pour elle.
La province devance les métropoles. Là où les cabinets sont organisés en réseaux régionaux, le raccordement avance par portefeuilles entiers. Paris n'est que 32e sur 107.
Les plateformes se sont multipliées. De 54 à 167 en trois mois. La plateforme médiane dessert 228 entreprises : derrière le peloton de tête, une longue traîne d'acteurs spécialisés.
En valeur, le réseau est déjà l'économie française. Les entreprises raccordées dont nous connaissons les comptes pèsent plus de 3 500 milliards d'euros de chiffre d'affaires.
Une entreprise raccordée sur cinq est invisible
Peppol a deux annuaires. Le premier dit où acheminer une facture : c'est lui qui rend une entreprise joignable. Le second, le registre public, permet de la trouver.
Chaque plateforme peut y publier une fiche par entreprise, avec son nom, son pays et sa date d'inscription. C'est lui que consultent les outils de recherche et les logiciels qui vérifient un destinataire avant d'envoyer.
Beaucoup de plateformes le font déjà très bien : 86 opérateurs sur 129 publient une fiche pour au moins 90 % de leurs entreprises. Mais au 14 septembre, 860 000 entreprises raccordées n'avaient aucune fiche, une sur cinq. Une vingtaine d'opérateurs, qui desservent ensemble plus de 600 000 entreprises, en publient pour moins d'une sur dix.
Une entreprise sans fiche reçoit bien ses factures, mais elle est difficile à trouver. Pour une adresse à suffixe libre, comme 0225:SIREN_nomdelentreprise, c'est pire : impossible à deviner, elle n'est visible qu'avec une fiche. Or près d'une adresse sur quatre est de ce type.
Publier ses fiches, pour une plateforme, c'est rendre visible tout son parc.
Sept conseils pour des fiches qui fonctionnent
Ce que nous avons appris en lisant chaque semaine les quatre millions de fiches françaises :
Activer la publication automatique. La plupart des serveurs SMP publient et mettent à jour les fiches d'eux-mêmes. Sur phoss SMP, très répandu, il suffit d'activer l'intégration au Directory et sa mise à jour automatique.
Publier une fiche par adresse, adresses à suffixe comprises : ce sont elles qui en ont le plus besoin.
Mettre le vrai nom. Plus de 110 000 fiches s'appellent « [ND] », plus de 5 000 « Société ». La dénomination SIRENE suffit.
Indiquer la date d'inscription. 40 % des fiches n'en ont pas, alors que c'est elle qui date la dynamique du réseau.
Déclarer le pays FR et l'identifiant 0225, pour que tous les outils puissent lire la fiche.
Tenir les fiches à jour : retirer celles des adresses supprimées, republier après un raccordement en masse.
Vérifier. Une recherche sur directory.peppol.eu, par nom ou par SIREN, montre en quelques secondes ce que le réseau voit de vous.
Ce n'est que le début
Le 1er septembre ne concernait que la réception. Le 1er septembre 2027, l'obligation d'émettre s'étendra aux PME, aux TPE et aux micro-entreprises, avec l'e-reporting. C'est là que la réforme entrera vraiment dans le quotidien des entreprises.
Nous serons là pour le mesurer, chaque semaine. Rendez-vous au prochain relevé.